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August 08 Soir de vacancesMinuit quarante-cinq dans le jardin du bien et du mal.
Quelques éclaires de chaleure parcours le ciel de ce mois d'août, je les perçois de la fenêtre contre laquelle j'écris ces mots.
Encore un de ces soirs de vacances ou la nuit n'a pas de limite, ou je peux si je veux écrire jusqu'au petit jour...
Une de ses nuits sans étoiles, dans laquelle je trempe ma plume, je reviens visiter avec une nostalgie complice quelques pages du passé, quelques images oubliés, je vide les tiroires afin de faire de la place pour de nouvelle chose... Je me dit que je m'en sort mieux que ce que je pensais. Je regarde les autoroutes d'italie ou l'on trouve des autels avec une Vierge-Marie dedans, dédiés à des accidents, je viens à mon tour poser sur mon chemin de vie des mot-autels en reconnaissance à mes accidents de parcours, là ou j'ai trébuché, là ou j'ai aimé et grandi tout en me perdant, là ou tout simplement j'ai du faire la route sans toi...
Je viens remercier le passé pour laisser redevenir le passé ...
June 17 RIEN du TOUTEtoile filante, je fuis constamment mon Univers. Dans ma tourmente, je n'ai discerné qu'une stèle lunaire. Je déraisonne, j'ai peur du vide j’écris des « Personnes » mais... des « Personnes » vides. Cendre embrasée, le Mal a reçu des pensées de moi. Je consente sans raisonner, je respire, je raconte n'importe quoi. Et je délire, j’ai peur de vivre, je retiens des maux, mais… des mots pour vivre. Mon Dieu à quoi je ressemble Je ne suis plus rien du tout ! Qui peut répondre à ma demande ? Me dire ce qu’on attend de Nous ! Résidus impermanent, je ne sais plus où, comment m’orienter Particule mouvante, je flotte sans fin dans l’univers, dans la permanence je n’ai trouvé que l’éphémère. Et je déraille, j’ai peur de l’abandon, je comble des failles Je suis peut-être pas utile à ce monde Utile à RIEN du TOUT Remplie de doutes sans fonds Je préfère me taire et ne plus parler du TOUT
January 24 Apocalypse (le lever du voile)J’ai juste envie de me dévoiler un peu le temps d’une lecture. Au fur et à mesure que votre regard parcour ces mots vous découvrez celle que je suis. Il y a d’abord le petit pull de laine rouge qui révèle mon teint de neige et ne trompe pas mon origine nordique. Mon sang vient de la mer, là ou les paturâges cotoient la marée sauvage et le sel de la Manche. Les prairies de Normandie sont vertes comme nul part ailleurs. Ma grand-mère est un arbre qui a grandi entre les vagues et la terre. Ensuite ma jupe gris chiné qui découvre mes jambes, ma plus grandes fièrté. Je me tiens sur deux ballerines rouges, elles m’accompagnent dans la danse de ma vie depuis de nombreuses années. Parfois je les ai rangées dans un placard pour porter des hauts-talons qui plaisent plus au regard d’un amoureux. Le haut talon a l’avantage de donner un joli galbe à mes jambes ainsi qu’une belle démarche. Malheureusement, je ne peux pas danser, je ne peux pas courir quand je me réjouis, quand je dois fuir ou quand je dois saisir mes rêves. Le haut talon me formate, m’entraine dans une démarche qui n’est pas la mienne et pourtant maintes fois j’ai accepté cette démarche. C’est pour ça qu’aujourd hui je reprends mes ballerines pour danser, courir, marcher avec la vie mais aussi avec la mort. C'est plus facile d’accepter le changement en ballerines que perchée sur des hauts talons. J’enlève maintenant, devant vous, mes vêtements, je dégraphe un sous-vêtement de dentelle noir pour vous révéler une poitrine ni trop grande, ni trop petite, peut-être est-t-elle le juste reflet de mon ambivalence, à la fois sucrée et salée, à la fois audacieuse et prudente ou encore sauvage et sociable. Vous voilà arrivé à mon petit slip de coton noir bordé d’une fine dentelle. Vous l’ôtez et me voici nue face à vous. Que voyez-vous ? Une femme nue. Pourtant derrière cette nuditié je suis aussi un homme. Un homme de cro magnon de la race hommo sapiens. Je suis une femme quand j’aime, je suis un homme quand je deteste. Je suis androgyne quand je dois prendre une décision, je suis homme quand je pars au front. Je suis une femme quand je complote dans l’ombre pour faire de l’homme que j’aime un roi. Je suis homme quand je fais de moi « une reine » qui maintien mes lois. Je suis un homme quand je mange comme quatre. Je suis une femme pour me couper en quatre. Je suis une femme et une sorcière quand je mélange le brouet des herbes magique, je suis un homme quand je rêve d’être cosmonaute et m’envoi en l’air. Je suis une femme quand il s’agit de descendre au plus profond de l’enfer, je suis un homme qui s’en va quand l’amour devient trop clinique. Je suis une femme quand je troque ma ceinture d’Amazone contre la passivité et l’acceptation, je suis un homme qui réagit au quart de tour face à la tentation. Je suis une plus que femme quand j’ai mal aux ovarios et je suis un petit garçon manqué quand je pleure sur mes règles. Je suis femme quand je suis la mort qui annonce la vie, je suis homme quand j’ai peur de la mort et me bat pour vivre. Je suis femme quand j’implore la lune de me donner un fils, je suis homme quand le soleil éveil ma malice. Je suis homme quand je fuis la femme que je suis et je suis femme quand je dépends de l’homme que j’aime qui lui me fuit pour l’homme que je suis. Enfin je suis l’androgyne quand je ne veux pas choisir. HermAphrodite quand j’uni ma femme et mon homme intérieur. Enfin je suis femme dans toute son ambivalence et mon sexe est une ouverture sur un monde dont je suis la gardienne et qui s’y baigne y prend du plaisir. Et vous qui êtes vous ?November 08 L’école buissonnière9h00 du matin, parking rempli et une autoroute active. Loin de tout et à la fois entre deux rives, ce lieu de rendez-vous anonyme et l’odeur du café me rappellent un peu les départs en vacances quand j’étais petite et que nous nous arrêtions dans ses resto-route afin de nous dégourdir les jambes.
Petit déjeuner à deux, j’ai faim, confiture à la fraise, tu préfères l’abricot, tu me fais goutter, je mords à pleine dent un peu de toi dans une tartine au fruit mielleux et une gorgée de café pour m’éveiller.
Tu m’embrasse, ton visage est piquant, je plonge mes doigts dans ta tignasse, ma peau frissonne à l’idée de sentir ta barbe naissante m’égratigner à chacun de tes baisers. Du creux de mon cou jusqu’au creux de mes cuisses, je te sens déjà mordiller chaque parcelle de mon corps comme tu le fais en ce moment avec mes lèvres. Tu me regarde, me susurre le mot « rouge », c’est un code entre nous, je sais ce qu’il signifie, je te souris, toi aussi, dans tes yeux noirs je me vois femme désirée, femme aimée, femme tout simplement. Tu as un air de mauvais garçon mal rasé avec ton pull breton à la Corto Maltèse, ça te change du costard cravate de tous les jours. Ta langue s’immisce à nouveau entre mes lèvres que tu écartes alors que je te résiste juste pour le plaisir de ressentir tes petits sévices sur ma bouche. Pas de gène, pas de censure, nous sommes aux yeux des gens un couple normal qui déjeune dans un resto-routier. Deux heures de route et un séminaire qui n’existe pas nous ont ouvert la porte pour un séjour rien qu’à nous. Loin de nos vies respectives, loin de ton épouse, de mon mari, de ton entreprise de mes enfants, de tes amis, des miens, des angoisses, des maux de tête et de ventre, du rêve… mon cœur palpite, tu prends ma main, une dernière gorgée de café au délicieux goût interdit, nous nous levons, nous nous apprêtons à reprendre la route, dans ma tête je me souviens du plaisir mélangé à la peur dans le ventre comme lorsque j’était petite et que nous faisions l’école buissionnière. C’est ce que nous faisons aujourd’hui, nous faisons la vie buissonnière le temps d’un séjour. September 20 Restaurant chinois- La jeune femmeLe serveur dépose le plat de poulet sauce à l’orange devant nous.
Son pied a frôlé le mien. Surprise, je ne bouge pas. Une sensation étrange.
Je cherche la chaleur auprès de son pied. Je ressens. L’instant s’écoule comme le thé de jasmin qu’il me sert avec habileté et finesse. Ses gestes sont un pays, une coutume, un profond respect. Sa présence est une offrande. J’observe sobrement son visage, ses traits. Cet homme aux yeux de chine m’offre plus qu’un réconfort dans son regard. Je me surprends à l’aimer, à le désirer comme un amant, comme un frère, comme un père et comme on peut désirer quelqu’un dans une minute qui semble se remplir d’une goutte d’éternité.
Ne faut-il pas être d’une fragilité sans condescendance* pour s’amourir* d’un serveur dans un restaurant chinois ? Un désir qui n’est peut-être pas partagé - une minute est-ce trop cours pour se poser la question ?
Déjà il part servir une autre table. Je porte le bol à mes lèvres, consomme le thé aux senteurs délicatement amères. J’embarque aussitôt pour un voyage. Un fleuve, une rive, je me vois seule étrangère à la découverte d’un pays que je ne connais pas, j’ai tout à apprendre, le voyage m’appelle. L’humidité imbibe mon vêtement de soie jusqu’à pénétrer impudiquement ma chaire. L’eau du fleuve coule, guide mes pensées, encore une gorgée de thé et mes pensées s’immiscent comme une rivière aux creux de mes cuisses.
Cet homme ?! je l’aime. Je le fais entrer en moi comme j’entre en lui… dans un temple secret. La nécessité de partir à l’inconnu me pénètre à nouveau. Je convoite ce besoin d’abandonner mon univers pour me donner entière à un monde nouveau. Perdre mes repères, mon confort, mes verbes « avoir » et « paraître ». Si j’étais moi juste une minute, une éternité et si je décidais de mon bonheur, le fleuve serait-il plus pur ailleurs ?
Et que se passe-t-il une fois qu’on a pris le temps de faire son bonheur ?
A table, face à mon mari, ma famille, je prends conscience que je suis une étrangère, je ne suis pas d’eux mais d’un autre monde, peut-être même d’un autre genre. Je ne me sens pas occidentale dans l’âme, je rêve en chinois et je pleure la nuit l’humidité des rizières sur mon vêtement de soie. Je veux rentrer chez moi, dans ce pays que je ne connais pas, mais dont la terre m’a vu naître. Je vide ma tasse de thé comme je vide ma vie de mon rêve éveillé. J’entame une première bouchée du mets à la sauce orangée. Je souris à ma famille, à mon mari. Ont-il remarqué pendant une minute mon infidélité ? J’ai commis l’adultère à mon rôle de fille adoptive et d’épouse respectueuse, j’ai été infidèle à la vie qu’on veut que je mène.
*Condescendance : NF, attitude hautaine et plus au moins méprisante d’une personne qui accorde une faveur en faisant sentir qu’elle pourrait la refuser.
*Amourir : Verbe inventé par Mistral le 6.9.2007. Signifie l’action d’attérire lorsque l’on tombe en amour. Amourir est une prise de conscience sur l’état amoureux. Amourir pour un cet homme, s’éprendre de cet homme. August 17 Les matins de JO.Avant toute chose, un café noir et le silence.
Seules ces deux choses sont acceptée s aux cotés de Jo, le matin.
Installé sur son canapé, il regarde à travers la baie vitrée , le soleil se lève, il attend, il prend le temps entre un dernier rêve et la réalité.
Une première gorgée de café. Le goût amère le sort peu à peu d’un état brumeux, tout le monde dort encore dans la maison, lui savoure cet instant avec lui-même, si par malheur on l'en en privait il se pourrait bien qu’il soit de mauvaise humeur.
Ne rien concevoir le matin est essentiel pour Jo. Fumer une première cigarette, écouter le papier qui crépite , se démarquer du silence et laisser les pensée s défiler tel un diaporama. Jo refuse que ses pensée s prennent déjà le contrôle de sa tête, il s’offre un moment de répit entre son esprit et son corps, le temps de sortir de sa nuit.
Une deuxième gorgée . Le goût du noir breuvage a déjà changé, l’amertume est moin s frappante, elle est plus douce et pourtant bien présente, elle découvre avec finesse toute la robustesse du café et les pensées s’arrêtent, Jo en choisi une, elle prend place à coté de lui et déjà la journée s’esquisse…
En observant, la démarquation du lever de soleil sur la ville, Jo se dit qu’il y a quelque chose de presque mathématique : tout semble être mesuré à la précision même ! La lumière naissante sépare l’horizon en deux ségments , une ligne dorée qui éveille la ville et passe sur chaque maison de telle façon chronologique , qu’il perçoit chaque jour l’avancée du soleil sur le temps, avant de venir illuminer son salon. Jo guette l’arrivé e de l’été, la course du soleil qui rythme toujours un peu plus tôt son éveil, mais il le fait toujours avec tact, sans parler, sans crier, il lui laisse le temps…
Une troisième gorgée , puis une quatrième, le café devient un carburant, la force de son goût enclenche son moteur, comme une ancienne voiture qu’on a besoin de mouliner pour qu’elle démarre, il aime se voir ainsi. Les idées naissent, s’activent, dans quelques minutes elles se transformeront en décisions , sa journée se dessine devant lui, comme une jungle trufée de surprises , sera-t-il encore pareil à lui-même ce soir ? Chaque jour est différtent, travailler en sauvant la vie des gens, amène à des rencontres surrprenantes entre la vie et la mort.
Une dernière gorgée, c’est la plus subtile, le goût est velouté et finalise le rituel du matin-café, Jo se lève, marche, prend une douche se donne un coup de rasoir, enfile son uniforme de travail, embrasse sa femme et ses enfants qui dorment encore, et direction travail.
June 21 Jeune fille en étéIl a fait beau, il a fait chaud, Alexandra, grimpait une à une, les marches d’un petit escalier qui sépare la ville de la forêt. Elle se hisse dans un petit chemin sombre ou la fraîcheur d’un cours d’eau, soulage ses épaules dénudées sous une petite robe d’été noire qu’elle ressort chaque année. Elle respire les premières odeurs de la saison, l’odeur de l’humus, du bois gorgé de soleil et les hautes fleurs de Saint-Jean qui bordent ce chemin qui l’entraîne loin d’elle. Oui, loin d’elle, c’est ce qu’Alexandra veut, elle se surprend même à penser combien c’est agréable d’être loin de sa vie, de son bébé, de son mari, de ses angoisses, de toutes ses petites choses qui tournent autour d’elle au point d’en effriter ses nerfs fragiles. Ses nerfs qu’elle ne peu plus contrôler tant sa vie a usé la fleur de sa peau. Elle a juste envie d’Etre, une jeune femme, un chemin, une fraîcheur sur un coup de soleil, une épaule dénudée, une feuille sur une branche parmi tant d’autre et à la fois isolée, juste Etre et ne plus penser. Arriver dans la clairière, elle s’est déshabillée de sa vie et à ôter sa robe, s’est appuyé contre un arbre pour ne faire qu’un. Elle a retrouvé des gestes qui ne lui sont pas étrangers mais qu’elle n’avait pourtant jamais osé pratiquer, elle a retrouvé un peu de femme sauvage en soi. Puis elle a regardé le soleil à penser à ses sœurs lointaines et à scander ces mots en l’honneur de l’été : En ce jour le plus long de l’année, que les brumes de chaleurs et les senteurs des fleurs envahissent les cœurs de mes sœurs pour faire place à des horizons de bonheurs, qu’il en soit ainsi. May 25 un moment de bonheurLes paysages se dessinaient tels des vallons bordés de pommiers. Un chemin serpentait le tour des collines et la falaise plongeait vers une mer d'huile dont l'horizon semblait ne faire qu'un avec le ciel.
Je courais le long de la vallée en direction du ciel, c’est comme si j’allais m’envoler, mon cœur battait pour la vie, je ne connaissais pas encore l’amour, mais je savais qu’un jour j’allais l’apprendre, j’en avais fait le vœu en haut de la colline.
Ce jour là, j'étais une petite fille avec des ailes, j'étaits libre et le ciel était en moi! April 30 JuliaJe suis venue toute seule, sans rien dans mon sac, juste mon porte-monnaie. Sur moi mon parfum, ce n’est pas celui que tu m’as offert, mais le mien, celui que je me suis offert, celui que je porte dans les moments où je me perds en chemin. Ce parfum aux effluves épicées, rappellant un peu la femme sauvage que j’ai été, je l’ai acheté seule un après-midi ensoleillé et je l’ai essayé sous un arbre, comme un rituel. Un rituel pour me rappeller, un instant d’autonomie, d’individualité, un instant avec moi-même, un moment où je me suis supportée seule, me rappeller que c’est possible, que même sans amour je peux vivre.
Je suis là assise devant une pièce de théâtre reprennant « je l’aimais » d’Anna Galvada. L’histoire d’une femme en douleurs, son mari est parti avec une autre la laissant seule avec sa fille. Face à cette femme, son beau-père, le père de son mari, un homme avec qui elle s’est toujours sentie mal à l’aise et qui tente en vain de réconforter sa belle-fille. Il finit par raconter sa propre histoire, face au choix d’Adrien, un choix que lui-même n’a pas su faire. Tout quitter, femme, famille, enfant, pour vivre une passion amoureuse. Mais il est resté par principe, par valeur.
Moi qui suis anonyme ce soir, moi qui ne suis ni épouse, ni compagne, ni maîtresse, mais juste le temps d’une pièce, une femme. Une femme face à face avec la dame squelette, la faucheuse, la mort. Oui pour une fois je prends le temps de la regarder, de la sculpter. Dans ses côtes, je vois la somme de toutes mes peurs, mes angoisses, tout ce que je ne veux pas voir, tout ce que je ne veux pas perdre, l’amour, la sécurité, la confiance, le confort, le piège fatal de croire que je contrôle ma vie. Je la regarde et ne fais pas ma maligne devant elle. Ça fait plusieurs jours qu’elle m’observe, elle vient chercher son dû, il y a toujours quelque chose qui meurt mais ce n’est que partie remise, c’est pour laisser place à autre chose, à la vie.
J’ai peur et je ne peux rien faire, je ne peux que nier, croire que ce n’est qu’un moment de parano à passer, mais je sais que la vie peut tout à coup dérailler et que toutes les peines qu’on se donne à éviter le mal, ne fait que nous écorcher encore plus. Rien est prévisible et longtemps j’ai voulu le croire, j’ai même tenté de mettre une logique au sens de la vie, mais il n’y en a aucune. C’est encore se tromper. Toute notre vie est faite de mort et de naissance, jusqu’au moment même ou c ’est notre corps qui ne suit plus et nous abandonne lui aussi à son tour. Nous vivons, nous mourons, nous vivons et après la dernière mort ce cycle infernal s’arrête-il ?
Et l’amour dans tout ça qu’est-il ? un minuscule filament, une poussière de lune mais qui brille comme un soleil . Tenter de l’expliquer est encore s’éloigner de la dame squelette. Derrière ses os pourrisants, ses os qui abritent nos peurs, nos névroses, nos verbes « avoir » et tout ce qu’on croit acquis. Derrière elle, pourtant il y a la vie. La vie constamment vierge, car tout est continuellement à redécouvrir. Ainsi va la vie, rien de défini, juste quelque certitudes qui flottent sur un océan de doûtes et de questions.
Ma seule certitude est que je t’aime
January 12 entre le jour et la nuitLoin, une ligne, en dessous des vagues, en dessus peut-être des collines au teintes bleutées. Une séparation, en haut : du sang dans le ciel - En bas, du noir de nuit dans le lac. Trois mondes cachés et pourtant bien distincts : Des vagues chatoyantes ondulent sur le noir de nuit comme un voile fluide sur le miroir des collines. Dedans, tout un monde en activation s’éveille à la tombée du soleil. Des contours enflammés par l’en-haut, brûlent sur des collines bleutées par la nuit de l’en-bas. De l’autre coté, elles cachent un vallon qui s’endort à la venue de la lune. La lumière flamboyante d’un ciel en sang, cicatrise les contours des collines qui se reflètent dans les vagues chatoyantes. En-haut, se trouve la pénombre dont les secrets étoilés sont obscurément cachés. Ainsi j’ai perçu au loin, une ligne, une séparation entre l’hier et l’aujourd’hui : l’horizon d’une nouvelle année. December 21 Songe d'une nuit d'hiverLoin très loin du monde, où rien ne meurt jamais, une petite fille a parcouru un long voyage Elle est descendue d'un train, un train qu'elle a pris en rêve et qui l'embarque sur une autre rive. La brume blanchit le ciel et l'unie avec une terre recouverte de neiges éternelles. Comme le décor, son âme se confond avec ce pays de l’hiver. Une gare, personne, le train reste à quai, elle avance nul part, un portail, un jardin, où suis-je? Se dit-elle? pourtant elle le sait... elle connaît cet endroit, puisqu'elle le rêve... Ce lieu désert et aride ou tout se retire, le silence, le froid, le chant de la neige qui tombe, l'immaculé, le blanc, le crépitement de ses pieds qui s'enfoncent à même le sol. Un carrefour, un chêne, l'arbre mère, une femme assise devant, le ventre rond, qui es-tu? Que fais-tu? J'attends l'aube, et dans mon ventre un soleil, le matin... Au creux de mes cuisses, j'accouche "un matin", j'accouche d'un soleil. A la croisée des chemins, la vieille de Noël, arrive et assiste la petite fille pour l'aider à accoucher la dame, elles sortent ce soleil, elles l'aident à l'expulser. J’ai chaud, la dame brûle, elle s'immole comme une torche dans la neige, et j'en suis témoin, la dame s'évanoui dans les airs et devient une étoile dans la voûte voilée du ciel d’une aurore boréale. Il brille, il est là et il parle Je suis la vieille, je suis son assistante, je suis le chêne, je suis l’étoile et la dame, je suis son fils, je suis le soleil naissant au creux de mes cuisses. Je suis le solstice, solstice d'hiver! Le conte s'estompe, le soleil brille timidement au-dessus du jardin d'hiver, la petite fille reprend sa route la veille de Noël aussi. Le jardin, le portail, la gare, le train l'attend, elle retourne dans les brumes, traverse à nouveau la rive... Je me tourne dans mon lit, c'est le premier jour de l'hiver... December 11 Nouveau décorsChangement de décore, changement de saison. Nuit profonde, nuit sans lune, sans étoile, juste nuit blanche dans le noir. j'avance, je connais le chemin, je n'ai pas peur, se sont des ténébres familliers, j'ai appris autrefois comment faire.
Tombée dans le noir, une touche de blanc, un gris chiné: pour des milliers il s'agit toujours du noir et du blanc, pour moi c'est un mélange et jamais la même teinte, mais une diversité, les nuits ne sont jamais pareilles, les hommes sont tous différents les femmes aussi et entre eux mille sortes de mélange. Un ligné blanc sur un noir satin, un tailleur pour m'habillé d'hiver. Un menteau, gris clair, une envie de voyage dans un train, boire un thé ou un café noir, à l'oreille le papier d'une cigarette crépite, aucune lueur pour le petit matin.
Sombre mais velouté, un fard à paupière gris sur une peau crême, des yeux profonds, même dans le bleu il y a du gris, du noir, du blanc, le tout souligné d'un kohl entracite et qui rappelle pourtant l'orient.
C'est tout...
December 08 C'est une belle journée, je vais me coucher, mordre l'éternité à dent pleineNous nous doutons souvent de rien, quand quelqu'un mène une journée normal et vous croise avec le sourir. Ils vont au travail, prennent un verre avec des amis, vont chez le dentiste, accomplissent une journée tout ce qu'il y a de plus banal et la termine avec un projet bien défini que personne n'aurais pu calculer.
C'est ce qu'elle a fait d'ailleurs en cette fameuse journée de ST.Nicolas, elle est partie faire des commissions avec sa vieille mère, mais n'a acheté pour elle juste de quoi se faire un bon repas. Elle a pris l'apéro avec ses amis comme tous les mercredi soirs, elle est rentrée, a regardé le film, s'est démaquillée à pris une poignée de médicaments, a écris une lettre à ses trois filles, nous disant que la fin du voyage était arrivé pour elle, qu'elle était au bout. Voilà comment ma mère à cloturé sa journée de mercredi soir, elle est allée se coucher dans la seule intention de dormir pour l'eternité et de voir des anges à ses pieds.
Mais le destin n'en a pas voulu ainsi.
Aujourd'hui elle va être suivis par des spécialistes, et nous ces trois filles plus proches que jamais allons devoir déterrer des cadavres... Voilà, cet événement à ouvert une brèche sur l'avenir, le présent et le passé. Nous sommes trois filles et allons devoir nous accrocher car notre mère nous entraîne au coeur d'un voyage...
A suivre
September 24 Equinoxe d'automneLe jour décroit, la nuit augmente souviens toi...
Le gouffre à toujours soif, la clépsydre se vide
(l'horloge, Baudelaire)
La Dieu décline, la Déesse rayonne
c'est l'heure de l'équinoxe d'automne
C'est le moment où je retourne chez moi
où j'emprunte à nouveau le chemin de la forêt
je laisse derière moi quelques souvenirs
Aujourd'hui il pleut et les premières feuilles sont tombés
Le soleil à déjà pris sa couleur doré
l'automne est de loin ma saison préférées...
August 03 Cueillir des osVie / mort / vie, c'est ce que dit la vieille femme, celle qui sait, celle qui habite dans une maison d'os quelque par dans notre squelette. Elle nous répète constamment que la où il y a la vie, il y a la mort qui débarque de l'autre coté pour faire la liste de ce qu'elle va emporter pour laisser de le place à une nouvelle vie.
Vie / mort / vie, dans tout ce qui vit dans tout ce qui meurt, cycle infini... Même dans la jouissance de la séduction il y a la mort d'un état pour laisser place à un autre. La séduction meurt, l'amour vit, la solitude meurt, la dépendance vit, les barrières du soi meurent, la passion vie et quand celle-ci meurt / la différence vit
Mais rien ne perdure, c'est ainsi et fuire ne sert à rien, là où il y a la création, il y a une destruction à l'autre bout et après il y a une autre vie... C'est que dit la vieille quand elle cueille les os des loups, une fois le squelette composé, elle scande les mots de la vie/ de la mort / vie Et la louve revient à la vie, elle court dans le désert et se transforme en femme qui rigole comme une enfant sauvage... mais un jour elle vieillira et s'en ira à son tour cueillir d'autres os.
Vie meurt et vie comme le moment ou je t'ai rencontré... la femme que j'ai été avant de t'aimer, la femme que je suis en t'aimant et la femme que je serai quand l'amour sera parti, ne sera jamais la même... June 22 Friend or foe?On est pas des princesses et pourtant…
Si belle, si jolie, si parfaite dans le moindre de tes gestes. Pas de troubles dans ton expression, pas d’expression même…
Assise sur le banc au premier rang, trois rayons de soleil viennent saluer la foule. Une foule en hommage devant celle qui est étendu paisiblement face au voyage. Une partie de toi, que le soleil à travers le feuillage des arbres vient chercher pour l’emmener sur un autre rivage…
Tu reste de marbre, tu serres dans tes mains un mouchoir et tu tiens le coup telle une diva Diva pour un jour, diva pour toujours, comme nous le disions lorsque nous étions encore des gamines rêvant de tenir un beau jour, le monde dans nos mains.
Mais aujourd’hui, le temps nous a volé notre impudique insouciance. Nous sommes devenues conscientes, nous sommes tombées de l’Eden.
Alors que je te regarde, mimer cette femme parfaite, alors que tu enterre aujourd’hui celle qui t’a porté je me dis qu’une fois de plus, tu es plus forte que moi… Car moi j’ai envie de craquer pour toi, mais je retiens mes larmes.
Retenir mes larmes, faire le vide en sois, Revêtir l’armure athénienne, afin de tenir le coup pour toi. C’est le seul soutien que je peux te donner, nous ne sommes pas des filles qui pleurent, nous ne sommes pas des princesses….
Et pourtant aujourd’hui, quand tu m’as regardé avec classe et élégance comme tu l’as toujours fais… et que je t’ai demandé si tu tenais le coup, tu t’es effondré comme un château de carte. Tu as pleuré dans mes bras et pour une fois j’ai vu cette face de toi, cette face qui me révèle que tu es humaine comme moi, alors j’ai pleuré aussi…
Elégamment, j’ai remonté ton visage, essuyer tes larmes, et j’ai dit : Reprenez-vous mon petit ! On est en public… !
Et là, les larmes se sont transformées en rires et l’instant d’une seconde nous avons été humaines mais gamines et ça fait du bien. June 04 Les bienfaits de la colèreLes bienfaits de la colère
Les gens ne savent pas aimer, ils mordent au lieu d’embrasser, ils giflent au lieu de caresser...
C’est peut être parce-qu’ils sont conscients que l’amour tourne mal très facilement, ça devient souvent impossible, irréalisable, un exercice vint…
Alors ils l’évitent et se réfugient dans l’angoisse et l’agressivité, des sentiments toujours disponibles. Mais peut-être que parfois ils leur manquent certaines données.
Elle est réelle cette fureur et même quand elle ne l’est pas elle peut vous transformer en une personne que vous n’étiez pas avant.
Le seul avantage de cette fureur est que la personne que vous deveniez peu avec de la chance se réveiller un jour et réaliser qu’il ne faut pas avoir peur de ce voyage, une personne qui sait que la vérité est une histoire partiellement racontée…..
Que la colère grandit et jaillit par un à-coup et qu’un beau matin elle vous offre une nouvelle chance de vous accepter et une promesse de tranquillité ? Mais au faite qu’est ce que j’en sais… Je ne suis qu’une enfant…. |