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A la croisée des cheminsUne femme en été...
June 17 RIEN du TOUTEtoile filante, je fuis constamment mon Univers. Dans ma tourmente, je n'ai discerné qu'une stèle lunaire. Je déraisonne, j'ai peur du vide j’écris des « Personnes » mais... des « Personnes » vides. Cendre embrasée, le Mal a reçu des pensées de moi. Je consente sans raisonner, je respire, je raconte n'importe quoi. Et je délire, j’ai peur de vivre, je retiens des maux, mais… des mots pour vivre. Mon Dieu à quoi je ressemble Je ne suis plus rien du tout ! Qui peut répondre à ma demande ? Me dire ce qu’on attend de Nous ! Résidus impermanent, je ne sais plus où, comment m’orienter Particule mouvante, je flotte sans fin dans l’univers, dans la permanence je n’ai trouvé que l’éphémère. Et je déraille, j’ai peur de l’abandon, je comble des failles Je suis peut-être pas utile à ce monde Utile à RIEN du TOUT Remplie de doutes sans fonds Je préfère me taire et ne plus parler du TOUT
January 24 Apocalypse (le lever du voile)J’ai juste envie de me dévoiler un peu le temps d’une lecture. Au fur et à mesure que votre regard parcour ces mots vous découvrez celle que je suis. Il y a d’abord le petit pull de laine rouge qui révèle mon teint de neige et ne trompe pas mon origine nordique. Mon sang vient de la mer, là ou les paturâges cotoient la marée sauvage et le sel de la Manche. Les prairies de Normandie sont vertes comme nul part ailleurs. Ma grand-mère est un arbre qui a grandi entre les vagues et la terre. Ensuite ma jupe gris chiné qui découvre mes jambes, ma plus grandes fièrté. Je me tiens sur deux ballerines rouges, elles m’accompagnent dans la danse de ma vie depuis de nombreuses années. Parfois je les ai rangées dans un placard pour porter des hauts-talons qui plaisent plus au regard d’un amoureux. Le haut talon a l’avantage de donner un joli galbe à mes jambes ainsi qu’une belle démarche. Malheureusement, je ne peux pas danser, je ne peux pas courir quand je me réjouis, quand je dois fuir ou quand je dois saisir mes rêves. Le haut talon me formate, m’entraine dans une démarche qui n’est pas la mienne et pourtant maintes fois j’ai accepté cette démarche. C’est pour ça qu’aujourd hui je reprends mes ballerines pour danser, courir, marcher avec la vie mais aussi avec la mort. C'est plus facile d’accepter le changement en ballerines que perchée sur des hauts talons. J’enlève maintenant, devant vous, mes vêtements, je dégraphe un sous-vêtement de dentelle noir pour vous révéler une poitrine ni trop grande, ni trop petite, peut-être est-t-elle le juste reflet de mon ambivalence, à la fois sucrée et salée, à la fois audacieuse et prudente ou encore sauvage et sociable. Vous voilà arrivé à mon petit slip de coton noir bordé d’une fine dentelle. Vous l’ôtez et me voici nue face à vous. Que voyez-vous ? Une femme nue. Pourtant derrière cette nuditié je suis aussi un homme. Un homme de cro magnon de la race hommo sapiens. Je suis une femme quand j’aime, je suis un homme quand je deteste. Je suis androgyne quand je dois prendre une décision, je suis homme quand je pars au front. Je suis une femme quand je complote dans l’ombre pour faire de l’homme que j’aime un roi. Je suis homme quand je fais de moi « une reine » qui maintien mes lois. Je suis un homme quand je mange comme quatre. Je suis une femme pour me couper en quatre. Je suis une femme et une sorcière quand je mélange le brouet des herbes magique, je suis un homme quand je rêve d’être cosmonaute et m’envoi en l’air. Je suis une femme quand il s’agit de descendre au plus profond de l’enfer, je suis un homme qui s’en va quand l’amour devient trop clinique. Je suis une femme quand je troque ma ceinture d’Amazone contre la passivité et l’acceptation, je suis un homme qui réagit au quart de tour face à la tentation. Je suis une plus que femme quand j’ai mal aux ovarios et je suis un petit garçon manqué quand je pleure sur mes règles. Je suis femme quand je suis la mort qui annonce la vie, je suis homme quand j’ai peur de la mort et me bat pour vivre. Je suis femme quand j’implore la lune de me donner un fils, je suis homme quand le soleil éveil ma malice. Je suis homme quand je fuis la femme que je suis et je suis femme quand je dépends de l’homme que j’aime qui lui me fuit pour l’homme que je suis. Enfin je suis l’androgyne quand je ne veux pas choisir. HermAphrodite quand j’uni ma femme et mon homme intérieur. Enfin je suis femme dans toute son ambivalence et mon sexe est une ouverture sur un monde dont je suis la gardienne et qui s’y baigne y prend du plaisir. Et vous qui êtes vous ?November 08 L’école buissonnière9h00 du matin, parking rempli et une autoroute active. Loin de tout et à la fois entre deux rives, ce lieu de rendez-vous anonyme et l’odeur du café me rappellent un peu les départs en vacances quand j’étais petite et que nous nous arrêtions dans ses resto-route afin de nous dégourdir les jambes.
Petit déjeuner à deux, j’ai faim, confiture à la fraise, tu préfères l’abricot, tu me fais goutter, je mords à pleine dent un peu de toi dans une tartine au fruit mielleux et une gorgée de café pour m’éveiller.
Tu m’embrasse, ton visage est piquant, je plonge mes doigts dans ta tignasse, ma peau frissonne à l’idée de sentir ta barbe naissante m’égratigner à chacun de tes baisers. Du creux de mon cou jusqu’au creux de mes cuisses, je te sens déjà mordiller chaque parcelle de mon corps comme tu le fais en ce moment avec mes lèvres. Tu me regarde, me susurre le mot « rouge », c’est un code entre nous, je sais ce qu’il signifie, je te souris, toi aussi, dans tes yeux noirs je me vois femme désirée, femme aimée, femme tout simplement. Tu as un air de mauvais garçon mal rasé avec ton pull breton à la Corto Maltèse, ça te change du costard cravate de tous les jours. Ta langue s’immisce à nouveau entre mes lèvres que tu écartes alors que je te résiste juste pour le plaisir de ressentir tes petits sévices sur ma bouche. Pas de gène, pas de censure, nous sommes aux yeux des gens un couple normal qui déjeune dans un resto-routier. Deux heures de route et un séminaire qui n’existe pas nous ont ouvert la porte pour un séjour rien qu’à nous. Loin de nos vies respectives, loin de ton épouse, de mon mari, de ton entreprise de mes enfants, de tes amis, des miens, des angoisses, des maux de tête et de ventre, du rêve… mon cœur palpite, tu prends ma main, une dernière gorgée de café au délicieux goût interdit, nous nous levons, nous nous apprêtons à reprendre la route, dans ma tête je me souviens du plaisir mélangé à la peur dans le ventre comme lorsque j’était petite et que nous faisions l’école buissionnière. C’est ce que nous faisons aujourd’hui, nous faisons la vie buissonnière le temps d’un séjour. September 20 Restaurant chinois- La jeune femmeLe serveur dépose le plat de poulet sauce à l’orange devant nous.
Son pied a frôlé le mien. Surprise, je ne bouge pas. Une sensation étrange.
Je cherche la chaleur auprès de son pied. Je ressens. L’instant s’écoule comme le thé de jasmin qu’il me sert avec habileté et finesse. Ses gestes sont un pays, une coutume, un profond respect. Sa présence est une offrande. J’observe sobrement son visage, ses traits. Cet homme aux yeux de chine m’offre plus qu’un réconfort dans son regard. Je me surprends à l’aimer, à le désirer comme un amant, comme un frère, comme un père et comme on peut désirer quelqu’un dans une minute qui semble se remplir d’une goutte d’éternité.
Ne faut-il pas être d’une fragilité sans condescendance* pour s’amourir* d’un serveur dans un restaurant chinois ? Un désir qui n’est peut-être pas partagé - une minute est-ce trop cours pour se poser la question ?
Déjà il part servir une autre table. Je porte le bol à mes lèvres, consomme le thé aux senteurs délicatement amères. J’embarque aussitôt pour un voyage. Un fleuve, une rive, je me vois seule étrangère à la découverte d’un pays que je ne connais pas, j’ai tout à apprendre, le voyage m’appelle. L’humidité imbibe mon vêtement de soie jusqu’à pénétrer impudiquement ma chaire. L’eau du fleuve coule, guide mes pensées, encore une gorgée de thé et mes pensées s’immiscent comme une rivière aux creux de mes cuisses.
Cet homme ?! je l’aime. Je le fais entrer en moi comme j’entre en lui… dans un temple secret. La nécessité de partir à l’inconnu me pénètre à nouveau. Je convoite ce besoin d’abandonner mon univers pour me donner entière à un monde nouveau. Perdre mes repères, mon confort, mes verbes « avoir » et « paraître ». Si j’étais moi juste une minute, une éternité et si je décidais de mon bonheur, le fleuve serait-il plus pur ailleurs ?
Et que se passe-t-il une fois qu’on a pris le temps de faire son bonheur ?
A table, face à mon mari, ma famille, je prends conscience que je suis une étrangère, je ne suis pas d’eux mais d’un autre monde, peut-être même d’un autre genre. Je ne me sens pas occidentale dans l’âme, je rêve en chinois et je pleure la nuit l’humidité des rizières sur mon vêtement de soie. Je veux rentrer chez moi, dans ce pays que je ne connais pas, mais dont la terre m’a vu naître. Je vide ma tasse de thé comme je vide ma vie de mon rêve éveillé. J’entame une première bouchée du mets à la sauce orangée. Je souris à ma famille, à mon mari. Ont-il remarqué pendant une minute mon infidélité ? J’ai commis l’adultère à mon rôle de fille adoptive et d’épouse respectueuse, j’ai été infidèle à la vie qu’on veut que je mène.
*Condescendance : NF, attitude hautaine et plus au moins méprisante d’une personne qui accorde une faveur en faisant sentir qu’elle pourrait la refuser.
*Amourir : Verbe inventé par Mistral le 6.9.2007. Signifie l’action d’attérire lorsque l’on tombe en amour. Amourir est une prise de conscience sur l’état amoureux. Amourir pour un cet homme, s’éprendre de cet homme. August 17 Les matins de JO.Avant toute chose, un café noir et le silence.
Seules ces deux choses sont acceptée s aux cotés de Jo, le matin.
Installé sur son canapé, il regarde à travers la baie vitrée , le soleil se lève, il attend, il prend le temps entre un dernier rêve et la réalité.
Une première gorgée de café. Le goût amère le sort peu à peu d’un état brumeux, tout le monde dort encore dans la maison, lui savoure cet instant avec lui-même, si par malheur on l'en en privait il se pourrait bien qu’il soit de mauvaise humeur.
Ne rien concevoir le matin est essentiel pour Jo. Fumer une première cigarette, écouter le papier qui crépite , se démarquer du silence et laisser les pensée s défiler tel un diaporama. Jo refuse que ses pensée s prennent déjà le contrôle de sa tête, il s’offre un moment de répit entre son esprit et son corps, le temps de sortir de sa nuit.
Une deuxième gorgée . Le goût du noir breuvage a déjà changé, l’amertume est moin s frappante, elle est plus douce et pourtant bien présente, elle découvre avec finesse toute la robustesse du café et les pensées s’arrêtent, Jo en choisi une, elle prend place à coté de lui et déjà la journée s’esquisse…
En observant, la démarquation du lever de soleil sur la ville, Jo se dit qu’il y a quelque chose de presque mathématique : tout semble être mesuré à la précision même ! La lumière naissante sépare l’horizon en deux ségments , une ligne dorée qui éveille la ville et passe sur chaque maison de telle façon chronologique , qu’il perçoit chaque jour l’avancée du soleil sur le temps, avant de venir illuminer son salon. Jo guette l’arrivé e de l’été, la course du soleil qui rythme toujours un peu plus tôt son éveil, mais il le fait toujours avec tact, sans parler, sans crier, il lui laisse le temps…
Une troisième gorgée , puis une quatrième, le café devient un carburant, la force de son goût enclenche son moteur, comme une ancienne voiture qu’on a besoin de mouliner pour qu’elle démarre, il aime se voir ainsi. Les idées naissent, s’activent, dans quelques minutes elles se transformeront en décisions , sa journée se dessine devant lui, comme une jungle trufée de surprises , sera-t-il encore pareil à lui-même ce soir ? Chaque jour est différtent, travailler en sauvant la vie des gens, amène à des rencontres surrprenantes entre la vie et la mort.
Une dernière gorgée, c’est la plus subtile, le goût est velouté et finalise le rituel du matin-café, Jo se lève, marche, prend une douche se donne un coup de rasoir, enfile son uniforme de travail, embrasse sa femme et ses enfants qui dorment encore, et direction travail.
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